Par Annie Mapangou (Photos AFC Sport)
Depuis trois jours, des experts nationaux et internationaux se réunissent en commissions pour imaginer la professionnalisation du football gabonais. Samedi 24 octobre 2026, le coordonnateur général de la Task force, Léon Ababé, a dressé un point d’étape, avec la volonté affichée de passer enfin de la réflexion à l’action.
Avant d’avancer ses recommandations, la Task force a choisi de dresser un état des lieux. « Des décisions intéressantes ont été prises bien avant notre arrivée, et des documents utiles existent déjà », reconnaît Léon Ababé. Pour mieux se projeter, la commission est allée à la rencontre des acteurs : elle a auditionné le président de la FEGAFOOT et celui de la Ligue nationale de football, puis, samedi matin, le directeur général de l’Office national du développement du sport, afin de comprendre ses missions, ses préoccupations et les écueils qu’il rencontre. Un partenaire de la Ligue, signataire d’un contrat commercial, a lui aussi été entendu. Le coordonnateur s’est même prêté à l’exercice pour exposer sa propre vision lors de plusieurs panels.
Le président de la Fégafoot, Pierre Alain Mounguengui.

L’arbitre, régulateur du jeu
Pour Léon Ababé, un point est incontournable : « Il ne peut pas y avoir un très bon football sans régulateur, et le régulateur, c’est l’arbitre. » Au-delà des infrastructures déjà équipées, il faut selon lui définir un modèle, car le football est devenu une industrie, et l’arbitrage avec lui. L’enjeu est donc de trouver des mécanismes qui permettent de relever le niveau et de cultiver le goût du travail bien fait.
Deux saisons consécutives, malgré les embûches
Parmi les voix entendues, celle d’Éric Durand, directeur général d’IFAP Media Gabon, partenaire de la LINAFP. Il ne cache pas le chemin parcouru : « Jusqu’à présent, ce n’était pas facile. » Face aux reproches des acteurs économiques, il a multiplié les efforts de pédagogie, puis fait remonter leurs attentes aux présidents de clubs et de la Ligue, qui ont adhéré à la bonne gouvernance et à la transparence des fonds générés.
Sa persévérance a payé : une douzaine de sponsors l’ont suivi, avec des budgets modestes au départ. Depuis le changement de paradigme de 2023, la compétition a même enchaîné deux saisons sans interruption, après deux années blanches. Un résultat qu’il attribue au chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema. Il espère désormais que la « globalisation des jeux » installera un climat serein auprès du grand public comme des opérateurs économiques.
Des partenaires fidèles, des secteurs encore à convaincre
Rémunéré uniquement sur ce qu’il rapporte, Éric Durand cite ses appuis : SUNU Assurance, qui couvre depuis trois ans les 900 joueurs contre les accidents ; Canalbox, qui a apporté Internet à une ligue qui en était privée ; et SOBRAGA, qui contribue en numéraire et en eau pour tous les clubs, le temps d’une saison. Faute de moyens, il a aussi misé sur des échanges de services.
Beaucoup de secteurs, à commencer par le pétrole, poumon de l’économie gabonaise, restent pourtant absents. Pour les convaincre, il faudra structurer l’offre et signer des contrats en bonne et due forme. Avec la structuration des clubs, la formation et l’accompagnement seront renforcés, pour une professionnalisation attendue d’ici trois à quatre ans.
Le président de la LINAFP, Brice Mbika Ndjambou.


