Le ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany: un message qui fixe le cap.
:Par Aryse Nguema
En lançant les travaux de la Taskforce, le ministre des Sports lie l’assainissement administratif à la réforme de la gouvernance. Un discours ferme sur la méthode, plus discret sur le calendrier.
Jeudi 22 octobre à Angondjè, le ministre de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts, Paul Ulrich Kessany, a présidé une cérémonie en deux temps: la remise des agréments techniques et des récépissés définitifs aux associations du collège électoral de la FEGAFOOT, puis l’ouverture des travaux de la Taskforce pour le renouveau du football gabonais. Pour lui, les deux moments procèdent d’une même exigence : doter le football de structures régulières et d’une gouvernance rigoureuse.
Une réforme assumée face aux instances internationales
Le ministre a d’abord voulu écarter tout soupçon d’ingérence. Le 13 avril 2026, rappelle-t-il, le Gouvernement a suspendu les processus électoraux du CNOG et de la FEGAFOOT, jugés irréguliers faute de récépissés ou d’agréments. L’État, assure-t-il, n’a jamais voulu s’opposer aux instances internationales ni remettre en cause l’autonomie des fédérations. Il a remercié la FIFA, la CAF et le CIO pour leur compréhension. Cette compréhension devra se confirmer dans la durée.
Une régularisation chiffrée
Créé par l’arrêté du 22 avril 2026, un Guichet unique a conduit trois phases. La première, fin avril, a régularisé treize fédérations olympiques, ouvrant la voie à l’élection au CNOG. La deuxième a concerné vingt-sept associations du collège électoral de la FEGAFOOT: neuf ligues provinciales, deux associations nationales et seize clubs. La troisième, en cours jusqu’au 30 octobre, porte sur près de trois cents dossiers, avec des enquêtes de moralité confiées à la Direction générale de la Documentation et de l’Immigration. L’exigence de probité est légitime, mais les critères de ces enquêtes gagneraient à être explicités.
Les clubs et le financement privé
Le ministre avance aussi un argument économique. Des entreprises voudraient soutenir les clubs au titre de la RSE, mais y renoncent faute de documents attestant leur existence légale. En régularisant les clubs, l’État lève cet obstacle. Aux clubs désormais de présenter une gestion transparente et des projets crédibles.
Une Taskforce sommée d’être opérationnelle
La Taskforce réunira hauts cadres de la République, experts « d’ici et d’ailleurs » et acteurs du football. Le ministre écarte toute multiplication des concertations. Il attend des propositions hiérarchisées, des mesures prioritaires et des modalités de mise en œuvre précises, et en a chargé le coordonnateur général, le sénateur Léon Ababé. Chacun doit jouer son rôle: la FEGAFOOT assume la gouvernance, la LINAFP organise les compétitions, les clubs respectent leurs obligations, l’État veille au cadre réglementaire.
«C’est à l’aune des résultats obtenus que nous apprécierons la portée de vos travaux», a prévenu le ministre, dans la ligne des orientations du chef de l’État.
Le ministre a posé un cadre: régulariser d’abord, réformer ensuite, rendre des comptes enfin. Le football gabonais attend que ces principes se traduisent en décisions concrètes, dans des délais connus de tous.
Le ministres des Sports (à droite) et le coordonnateur général regardant dans la même direction.


